J’ai été interviewé pour la chronique Nos vies numériques de France Inter du 10 septembre 2026, consacrée à l’intelligence artificielle et aux équations de Navier–Stokes. Mon intervention a été fortement raccourcie — ce que le format très court de la chronique peut expliquer — et l’extrait diffusé ne reflète pas l’ensemble de ma pensée.
Oui, les progrès récents de l’IA sont passionnants. On entrevoit de nouvelles façons de faire des mathématiques, qui ouvriront très vraisemblablement la voie à des avancées majeures. Mais cet enthousiasme ne peut pas être séparé des questions qu’ils soulèvent pour la recherche et l’éducation.
Le « mais » qui a été coupé
Dans l’extrait diffusé, mon intervention s’arrête sur cet enthousiasme. Or elle se poursuivait par un « mais » essentiel. Comme le souligne Isabelle Gallagher, ces évolutions suscitent aussi de nombreuses questions et inquiétudes sur l’avenir de la recherche et de l’éducation mathématiques.
Comment garantir à toutes et à tous l’accès à ces outils ? Comment faire en sorte qu’ils contribuent réellement à l’amélioration de l’enseignement et de l’apprentissage des mathématiques ? Et comment préserver la circulation des connaissances et l’autonomie de la recherche, alors que les grandes entreprises de l’IA concentrent une part croissante des ressources et des savoirs ?
Ces enjeux ne sont pas accessoires : ils conditionnent la manière dont les bénéfices scientifiques de ces technologies pourront être partagés.
Mon intervention se terminait donc par un appel aux pouvoirs publics à investir massivement dans la recherche publique et dans l’éducation scientifique, en particulier en mathématiques et en informatique. Au vu des coupes budgétaires que subissent nos institutions, cette priorité ne semble malheureusement pas aller de soi.
Je souhaitais rétablir ici cet équilibre : l’enthousiasme face aux perspectives scientifiques, indissociable d’une exigence forte en matière d’accès, d’éducation et de soutien à la recherche publique.
Écouter la chronique sur France Inter.
AI for mathematics: a clarification
I was interviewed for the 10 September 2026 edition of France Inter’s Nos vies numériques, on artificial intelligence and the Navier–Stokes equations. My contribution was substantially shortened — which is understandable given the programme’s very brief format — and the broadcast excerpt does not reflect my full position.
Yes, recent progress in AI is exciting. We can glimpse new ways of doing mathematics that will very probably lead to major advances. But this enthusiasm cannot be separated from the questions these developments raise for research and education.
The missing “but”
In the broadcast excerpt, my contribution ends on this enthusiasm. Yet it continued with an important “but”. As Isabelle Gallagher points out, these developments also raise many questions and concerns about the future of mathematical research and education.
How can we ensure that everyone has access to these tools? How can we make sure they genuinely improve the teaching and learning of mathematics? And how can we preserve the circulation of knowledge and the independence of research when large AI companies concentrate an increasing share of resources and expertise?
These are not secondary issues: they determine how widely the scientific benefits of these technologies can be shared.
My interview therefore ended with a call for public authorities to invest massively in public research and scientific education, especially in mathematics and computer science. Given the budget cuts affecting our institutions, this priority unfortunately seems far from assured.
I wanted to restore that balance here: enthusiasm for the scientific possibilities, inseparable from a strong commitment to access, education, and support for public research.